dimanche 13 avril 2008

Schöneberg

Vendredi 11 avril 08

C'est au sud-ouest de Berlin que se trouve ce petit quartier, où la communauté gay de Berlin a élu domicile, et ce depuis le début les "Années Folles". Composé de bars (sur la Winterfeldplatz), de théâtres et de boutiques, avec notamment son grandiose centre commercial KaDeWe, Schöneberg est aussi célèbre pour ses habitants. De nombreux artistes, écrivains, chanteurs et comédiens ont fait vivre ce lieu, dont entre autre Marlène Dietrich.

Situé dans la partie occidentale du Berlin emmuré, Schöneberg en devient le centre administratif. C'est du balcon de l'hôtel de ville que JF Kennedy prononça le discours dont est tirée la célèbre phrase "Ich bin ein Berliner" en 1963.

Vernissage Pushwagner

Jeudi 10 avril 08

En complément de son oeuvre présentée au KW, Soft City, le Schinkel Pavillon propose une présentation inédite de trois grands formats de Pushwagner dans le cadre de la biennale d'art contemporain. On reste dans l'univers BD cher à l'artiste norvégien: souci du détail, précision du trait et envolées futuro-psychédéliques dépeignant un monde en noir et blanc, où l'homme a bien du mal à trouver sa place en tant qu'individu à part entière. Perdu au milieu de ces architectures démesurées et écrasantes, tout être humain se révèle être conçu sur le même schéma. Fin de l'utopie. 

samedi 12 avril 2008

Unter den Linden: l'héritage prussien

C'est effectivement "sous les tilleuls" de ces Champs-Elysées berlinois, que se déploie une des plus grandes avenues de la capitale. Traversant d'est en ouest le quartier historique Mitte (de la Porte de Brandebourg à la Spree), on doit toute la majesté de ce boulevard au Grand Electeur Frédéric II, initiateur du projet du Forum Fridericianum. Orné de cafés littéraires et de prestigieuses salles de concerts, Unter den Linden devient le lieu de prédilection de l'élite berlinoise de l'Empire. Cette présence est renforcée par l'arrivée massive de réformés français, ces exilés de confession protestante fuyant leur pays suite à la révocation de l'Edit de Nantes. 


La Bibliothèque engloutie (Versunkene Bibliotek)

Discrète et saisissante oeuvre de l'artiste Micha Ullman, une plaque de verre posée au sol attire le regard du passant sur une singulière bibliothèque située en sous-sol. Singulière, car ses étagères d'un blanc étincelant sont dépourvues d'un élément essentiel... les livres. Rappel sobre et efficace d'un événement marquant de l'histoire, l'autodafé perpétré par les nazis le 10 mai 1933 en ce lieu, au cours duquel 20 000 livres "non allemands" pris dans les bibliothèques et les librairies connurent un destin tragique, jetés dans un grand brasier. 

vendredi 11 avril 2008

"True North" au Guggenheim



Derniers jours de l'exposition True North, qui regroupe sept photographes (Thomas Flechtner, Armin Linke, Elger Esser, Olafur Eliasson, Roni Horn) et vidéastes (Stan Douglas, Orit Raff) autour d'une relecture contemporaine du thème du paysage romantique nordique. 
Une exposition "zen", poétique, dans laquelle on se sent comme absorbé par ces paysages enneigés, immaculés, mélancoliques et parfois même menaçants d'hostilité ;  où les oeuvres nous laissent un léger frisson. Voyage au pays des glaces, en parcourant le Canada, l'Islande et les Pays-Bas, avec tous les aspects qu'il comporte : la beauté des lieux se mêle aux conditions de vie extrêmes. Petit détour aussi par Tokyo et ses pistes artificielles photographiées par Armin Linke (Ski Dome, Tokyo, Japan, 1998, photo ci-dessus).



Gros coup de coeur pour la photographie Glaspass de Thomas Flechtner, dans laquelle l'artiste recompose le paysage par les traces de ski qu'il a laissé dans la neige, dans la lignée d'Hamish Fulton, nous faisant naviguer sur un océan de neige...

(Pour une visite virtuelle de l'expo, cliquez sur le titre-lien)

Thomas Flechtner
Glasspass (Walks # 10)
2001

Deutsche Guggenheim Berlin

Jeudi 10 avril 08

Plus une galerie qu'un musée en réalité, cet espace réduit à trois salles est très différent de ses p'tits (grands plutôt!) camarades de Bilbao, New York ou même Venise. La boutique et le café sont en effet presque aussi grands que la surface d'exposition... surprenant!

Le Guggenheim de Berlin propose trois ou quatre expositions par an, parcourant la période des années 1920 à nos jours. Ce "white cube" de 510 m2 conçu par l'architecte américain Richard Gluckman (Dia Center for the Arts de New York, Andy Wahrol Museum à Pittsburg) est englobé dans un édifice néobaroque du début du XXe siècle, appartenant à la Deutsche Bank, le partenaire officiel de la Fondation Guggenheim. 

La Solomon R. Guggenheim Foundation
Fondée à la fin des années 1930 par le riche industriel américain Solomon R. Guggenheim, cette fondation dédiée à l'art moderne et contemporain s'inscrit aujourd'hui dans un réseau mondial de musées et de partenaires culturels: New York, Bilbao, Venise, Las Vegas et Berlin. Son fonds prodigieux s'enrichit continuellement de nouvelles acquisitions (http://www.guggenheim.org).

jeudi 10 avril 2008

Fernsehturm: la Tour de la télévision


Pas moins de 368 m de hauteur (plus haut que la Tour Eiffel dites donc!) pour la Tour de la télévision : c'est dire si on la voit de loin dans tout Berlin!
Construit en 1969 pour affirmer la puissance technologique de la RDA sur les démocraties de l'occident, cet émetteur immanquable est placé stratégiquement proche du Palast der Republik, ce qui en fait un des symboles politiques de l'ancien régime Est-Allemand. 
L'imposante sphère perchée au bout de son mât qui n'en finit plus, donne un côté très futuriste à la ville - style Metropolis - et parfois même inquiétant, lorsque sa longue pointe perce le ciel et s'estompe dans les nuages les jours pluvieux...

Alexanderplatz


Mercredi 09 avril 08

C'est au XIXe s. que cette place du marché vivante - l'Ochsenmarkt - prend le nom du Tsar Alexandre 1er, en visite officielle à Berlin. 

Presque totalement détruite au cours de la seconde guerre mondiale - seuls deux édifices des années 30 subsistent encore -, Alex (de son p'tit nom) est reconstruite dans le style architectural typique du socialisme des années 60. En effet, la place est le symbole de l'activité commerciale du Berlin-Est du temps de la RDA, dont quelques traces de l'idéologie communiste comme la Fontaine de l'Amitié entre les peuples ou l'horloge universelle Urania subsistent encore.

Immeubles de Peter Behrens, 1930'

Fontaine de l'Amitié entre les peuples

Temple de la consommation - la fameuse Galeria Kaufhof domine la place -, cette immense zone piétonne est aujourd'hui en plein réaménagement. Grues, béton, ferraille et immeubles d'un autre temps côtoient les enseignes lumineuses des grands magasins, ce qui donne à ce paysage urbain un aspect chaotique et grouillant assez fascinant. 

"Demokratie, jetzt oder nie!"
L'Alexanderplatz est aussi le lieu historique de la plus grande manifestation contre le déclin du régime communiste. En novembre 1989, à peine quelques jours avant la chute du mur, près d'un million de personnes s'y donnent rendez-vous, exigeant des réformes et appelant à la démocratie.